La méridienne de Marghanita Laski

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Année de publication originale : 1999
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Année de publication française : 2025
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Maison d’édition : Éditions de l’Olivier
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Traduction : Agnès Desarthe
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Roman court
Dans ce court roman fantastique, quelques heures de la vie d’une femme, Mélanie, nous sont racontées, en une centaine de pages, alors qu’elle vit un étrange évènement.
Tout se déroule dans une seule pièce, ce qui donne un côté théâtral au roman : en dehors de cette pièce, on ne voit rien , on ne sait pas ce qui se passe, excepté ce qu’on peut entendre depuis l’intérieur.
Il ne se passe pas grand chose ; l’intérêt est dans les émotions, les pensées et la réflexion du personnage point de vue – Mélanie. On passe par ses différents états psychologiques, enfermé(e)s avec elle dans cette pièce, sur cette méridienne.
La charge émotionnelle est forte. On tremble pour Mélanie et pour Milly ; on essaie de comprendre les sous-entendus, les paroles des personnages nous semblent ambiguës, peu claires, puisque, comme Mélanie, nous n’en avons pas toutes les clés.
Si on comprend, à la fin, ce que Milly a fait et ce qu’elle a subi aussi, le destin de Mélanie reste encore mystérieux. Comme tout bon récit fantastique, le dénouement est ouvert et le lecteur peut y lire sa propre fin.
Le portrait de Milly est fait à travers Mélanie : il est donc parcellaire, incomplet. On devine certaines choses. Je n’ai pu que ressentir de la peine pour cette jeune fille. J’ai beaucoup aimé l’évolution de Mélanie : sa voix devient plus ferme ; elle réfléchit ; elle calcule et fait des plans, qu’elle adapte au fur et à mesure. Elle essaie de prendre le contrôle.
Pendant tout le roman, je me suis posée des questions – et je m’en pose encore après l’avoir terminé : est-ce l’expression d’un trouble mental ? d’un rêve ? Ou bien a-t-elle réellement vécu ces heures dans le corps de Milly ? Je pense que l’autrice ne donne aucune réponse à travers son récit et laisse le soin au lecteur de choisir la sienne.
Le début du roman m’a quelque peu fait grincer des dents : le comportement du mari de Mélanie et de son médecin est tellement infantilisant, et la jeune femme ne se rebelle absolument pas : c’est terrifiant de voir une femme se conformer à l’image que les hommes ont d’elle, au point de devenir ce qu’ils façonnent par leurs paroles, leur attitude, leurs actions.
Comme bémol, je peux simplement dire que j’ai eu du mal à entrer dans le récit au début : j’ai trouvé le style lourd, et certains choix narratifs n’aidaient pas le récit, à mon sens. Pour autant, j’ai continué et le charme de ce roman a fini par me retenir.
En conclusion, c’est un récit très prenant, à la fois pesant et émouvant.