Le bois sans songe de Laetitia Arnould

- Année de publication : 2018
- Genres : fantasy/réécriture de conte
- Illustratrice : Mina M
- Maison d’édition : Magic Mirror
J’ai beaucoup aimé cette réécriture de La Belle au Bois Dormant. Dès les premières pages, nous plongeons dans la souffrance du protagoniste, Lennart Leifsen. Et la magie se met en oeuvre !
Le thème du château emporté dans le sommeil et du bois protecteur rempli de ronces ont été repris d’une manière qui m’a beaucoup plu : c’est ténébreux, horrible, rempli de chagrin, de haine et de vengeance. Et puis, apparait la princesse Liv.
Elle a un esprit libre, engoncé dans une éducation royale, dans laquelle les apparences sont importantes. Elle est combattive, généreuse, fougueuse et n’a pas la langue dans sa poche. J’avoue que j’ai un peu regretté certaines de ses hésitations et de ses changements d’avis vers la fin cependant.
Mon personnage préféré est Lennart. Les décisions qu’il prend ne sont pas toujours les bonnes, mais c’est un homme qui ressent énormément, peut-être un peu trop, et qui a été confronté à des souffrances horribles. La manière dont il maintient sa malédiction est très délicate. Son caractère est très complexe. Sa cruauté apparente est une bouclier. Il est une victime qui devient coupable.
Je peux vous dire que la rencontre entre ces deux personnages est explosive.
L’intrigue est plutôt complexe ; on découvre de nouveaux personnages et les apparences sont trompeuses. On ne comprend pas toujours leurs motivations, et la folie n’est pas vraiment là où on le croit au début.
Le bois sans songes est un personnage à part entière, à la fois miroir des émotions de son créateur, mais aussi capable de prendre des décisions. J’ai toujours aimé les forêts et les arbres ; je trouve qu’ils ont un rôle importants dans les contes.
En ce qui concerne le style, la description outrancière des émotions me rappelle les romans du XIXe siècle. D’ailleurs, Lennart et Liv auraient pu être des héros d’un roman des soeurs Bronte. Il y a dans le style un côté un peu désuet, qui me rappelle beaucoup ces romans.
Les émotions sont au coeur de l’histoire : comment survivre avec une souffrance intolérable ? doit-on céder à l’amour et aux sentiments généreux au risque de souffrir ? La relation à la mère aussi me parait être un thème important dans l’histoire, et la notion de monstruosité.
Tout cela en fait une lecture très riche et très émotionnelle.