Lame de la forêt de Charlène Lefèvre

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Année de sortie : 2025
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Autoédité
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Novella
Un roman court que j’ai adoré dès les premières lignes. Il a quelque chose d’envoûtant. Le peuple de Lysia est une espèce d’arbres humanoïdes. L’autrice a réussi à leur donner une voix et une perspective bien différente de celles des humains. C’est un peu déstabilisant, mais aussi enchanteur de voir la nature avec leurs yeux : elle chante, elle parle, elle est une force qui a une conscience.
Lysia est une bretteuse, une guerrière. Elle fait partie d’une communauté harmonieuse, dont la mission est la protection de l’almona. Leur espèce issue d’une autre planète est millénaire. Lire leurs interactions est un plaisir : leurs manières de parler sont poétiques et leurs relations sont harmonieuses, même dans les conflits.
Au centre de l’histoire, on trouve d’abord la perte d’un être cher et une nouvelle relation avec une autre lame végétale : cette arme, pour la bretteuse, est une extension d’elle-même. Puis, l’histoire s’étend à sa rencontre avec une anatura, une humaine, et le début de quelque chose de nouveau pour elle.
La description de la Terre est déconnectée de notre réalité : dans un futur lointain, je pense, après que les humains aient tout dévasté au point de ne plus pouvoir survivre, car on passe par Lysia et ses congénères, qui ont une vision très particulière de la planète, et donc nous en donne une image imparfaite et partielle. On essaie de deviner ce qui a pu se produire, mais on est obligé de se contenter d’hypothèses. Cela ne m’a pas dérangée, car le propos de ce récit n’est pas centré sur les humains. Et c’est très intéressant à lire, très poétique aussi.
Le récit est court et la fin ouverte. On sent qu’une histoire plus longue avec des enjeux encore plus grands peut se dessiner ensuite. C’est une fin optimiste, qui évoque la symbiose, la fusion, l’harmonie.
Une très belle lecture !