Industrie & fonds marins (Anthologie de nouvelles steampunks Vol. 6)
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Genre : nouvelle steampunk
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Année de publication : 2024
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Maison d’édition : Oneiroï
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Auteurices : Yoann Ducret ; Thomas Fouchault ; Juliette Gramaglia ; Jérôme Ricaux
Industrie et fonds marins présente quatre nouvelles qui interrogent le rapport entre la société uchronique du XIXe siècle et les océans. C’est une question très contemporaine, puisque beaucoup d’entreprises s’intéressent à ce territoire inexploré de notre planète.
J’ai beaucoup apprécié les quatre récits, qui traitent ces thèmes chacun à leur manière. Les histoires sont bien menées, bien écrites ; les personnages ont de l’épaisseur et une existence certaine. Les problématiques sociétales liées à l’industrialisation, ainsi que l’imaginaire océanique, sont bien mis en avant.
Dans ces courtes chroniques, je vous présente chaque nouvelle (attention : risque de divulgâchage)
Nérée, le colosse sous les eaux de Jérôme Ricaux
Nérée, la cité sous-marine. Ce récit imagine la rencontre entre deux civilisations humaines ayant vécu séparées l’une de l’autre : les humains de Nérée, et ceux des continents. L’ouverture de la cité au reste de l’humanité est un choc entre deux cultures, vécu par le narrateur qui découvre la cité et cherche à y trouver une autre vie. La ville est bien décrite. La philosophie de Nérée étant très différente de la politique capitaliste du reste de l’Europe, un conflit est-il obligatoire ? Ce que j’ai apprécié, c’est que Nérée n’est pas une utopie, elle n’est pas glorifiée : elle a ses problèmes, comme le reste du monde.
ASG 1863 B de Yohann Ducret.
Le quotidien d’un mineur sous-marin, qui passe le plus clair de son temps dans un scaphandre et qui n’existe plus que par un matricule. Cette histoire m’a fait froid dans le dos. L’impression de claustrophobie dans les scènes sous-marines, la perte d’identité et d’humanité d’un être vivant dans un environnement inadapté, la solitude, tout mène vers une fin glaçante.
Descente aux abysses de Thomas Fouchault
Un huis-clos dans une station de forage au fond de l’Océan, des croyances aborigènes qui croisent la technologie moderne et une fonctionnaire rationnelle qui se heurte aux mystères des profondeurs. C’est prenant. L’angoisse monte en puissance de page en page et le dénouement est imprévisible.
Melochoria de Juliette Gramaglia
Un récit ancré en Italie, à Gênes. Les installations minières font remonter des quantités de ligurina, un matériau précieux et très mystérieux, qui fait partie de l’équilibre et de la mythologie des océans. Le quotidien des ouvriers souffrant dans ses conditions de travail dangereuses, à cause de la cupidité des marchands qui veulent toujours plus est raconté, en parallèle d’un autre monde, une cité sous-marine, qui vit en symbiose avec le fond marin. C’est le début d’une histoire, d’une rencontre entre deux peuples, à travers les yeux de Fio’, le personnage principal, qui décide de céder au chant des Sirènes !
