Journal d’un AssaSynth de Martha Wells




J’ai dévoré cette série de romans courts de science-fiction. Le narrateur est un androïde, à la fois biologique et cybernétique, une SecUnit loué à des humains pour assurer leur sécurité. Chaque récit est une étape dans le voyage du protagoniste, qui, dès le début du premier tome, a acquis son indépendance en secret. C’est un périple physique à travers un univers varié, où on rencontre beaucoup de personnages, mais aussi un voyage psychologique à travers l’évolution du narrateur, qui apprend à évoluer parmi les humains, tout en gardant ce qui fait son identité de synthétique.
Le monde décrit est une société où les corporations ont le pouvoir dans une partie des systèmes. D’autres mondes, non corporatistes, proposent d’autres modes de gouvernement et d’autres philosophies. Les entités corporatistes sont au centre de l’histoire, puisque l’intrigue tourne autour des manipulations de l’une d’entre elles. Les quatre premiers tomes proposent une intrigue qui se clôt au quatrième volume.
Pour moi, le point fort de ces romans, c’est le choix du narrateur. Le lecteur suit l’intrigue à travers le regard et les émotions d’un personnage pas vraiment humain, qui a du mal à les comprendre, mais qui n’a de cesse de les protéger. Je me suis beaucoup attaché au narrateur. Il est anxieux, supporte mal le regard des humains, adore les séries de divertissement et n’est pas une très bonne SecUnit de son propre aveu (ce qui est totalement faux). Sa manière de raconter ses aventures est pleine d’ironie, d’autodérision et de réflexions intéressantes sur l’humanité. On n’a pas ici un androïde qui veut devenir un humain, au contraire. Les relations entre AssaSynth et ses « amis » sont saines, agréables, et douces. Leurs interactions peuvent être drôles ou émotionnelles. C’est un plaisir à lire.
Deux citations du tome 3 qui révèlent bien le ton du narrateur.
« Quitte à s’occuper d’humains, autant choisir les adorables spécimens qui dégoulinent de gentillesse et d’admiration sous prétexte que vous leur avez plusieurs fois sauvé la vie.«
« Qui aurait cru qu’être une impitoyable machine à tuer présenterait autant de dilemmes moraux ? (Oui, c’est bien du sarcasme.)«