Toutes les étoiles de Sacha Morage
Toutes les étoiles de Sacha Morage
Quatrième de couverture
Destination : les bas-fonds du vaisseau, là où le trafic d’humain est monnaie courante. Là où Tuvain vend les mérites de sa jeune marchandise à Ireza, venue recruter pour son programme d’entrainement à la planche, cette discipline violente, mais non moins populaire. Là où la petite Anguille est achetée pour sa souplesse et sa détermination. Car il lui en faudra, de la détermination, pour survivre à cet entrainement. Et peut-être un jour, qui sait, s’élever dans les niveaux. Quel que soit le prix à payer.
J’ai reçu cette nouvelle dans l’abonnement Chronopages des éditions 1115. Je l’ai dévorée. Très vite, j’ai été emportée dans le monde cruel et sordide de ce vaisseau ; je me suis attachée à la narratrice, Anguille. On perçoit des bribes de sa vie, différentes scènes qui montrent son évolution. On voit son histoire par le petit bout de la lorgnette, son point de vue, limité à ses désirs et à sa détermination extraordinaire. Chaque partie de la nouvelle suit son évolution niveau après niveau. Elle veut atteindre le pont supérieur, et elle fera tout pour y parvenir.
Quelques personnages gravitent autour d’elle. J’ai apprécié Ireza, qui cache une profondeur et un passé lourd, bien plus complexe qu’il n’y parait au premier abord, caché sous son manque de cœur. Quant à Vem, pour moi, il est l’alter ego d’Anguille ; finalement il n’existe que par sa relation avec elle. Il y a aussi d’autres enfants arrachés aux entrailles du vaisseau, dont l’histoire est aussi brève qu’une feuille emportée par le vent.
C’est un récit qui montre un monde violent, même si j’ai trouvé qu’on ne s’attardait pas trop sur les scènes les plus choquantes. C’est plus suggéré que montré avec force détails. J’aurais aimé en savoir plus sur ce vaisseau, cette ville même, qui possède toutes les strates d’une véritable société : quelle taille fait-il ? Où va-t-il ? C’est très mystérieux. Le format de la nouvelle ne nous donne que de brefs aperçus d’un monde immense et complexe. Cela ne nuit pas à la compréhension de la nouvelle, mais cela donne vraiment envie d’en connaitre davantage.
Le thème des jeux dangereux, des sponsors, de la célébrité qui amène une vie meilleure et de l’engouement des spectateurs les plus riches pour ce spectacle de violence, diffusé par l’équivalent de la télévision, renvoie aussi à notre société. Ça m’a aussi fait penser à des œuvres de science-fiction comme Alita de robert Rodriguez (l’adaptation du manga Gunnm de Yukito Kishiro).
Pour finir, le dénouement : je ne peux rien en dire, mais il m’a secoué. Je m’y attendais, mais en même temps j’espérais que cela se termine autrement. Les deux dernières lignes sont glaçantes.