Le Soleil ne vous sauvera pas de Luce Belmontec
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Autrice : Luce Belmontec
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Éditions Octoquill
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Genre : roman / horreur
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Date : 31 mars 2025
Pour Aniyah, petite-fille du dernier hérétique du village de Sati-Lo’ Mara, les six mois de nuit annuels s’annoncent difficiles : son grand-père est mort sans jamais avoir vénéré le Dieu Soleil, un nouvel officier de la police religieuse remplace son collègue à la retraite pour la surveiller, et la police elle-même débarque, affirmant que les villages alentours ont été mystérieusement désertés, laissant seulement quelques cadavres retrouvés au milieu de nulle part.
Quand des coups résonnent aux fenêtres et que les mineurs ne reviennent pas, Aniyah s’interroge sur l’hérésie de son grand-père et sur l’histoire du village que les anciens leur cachent.
Le Dieu Soleil peut-il les protéger quand la nuit tombe ?
J’étais curieuse de lire ce roman. Et je ne m’attendais vraiment pas à ça. J’ai cru en lisant le résumé que c’était un roman de fantasy, mais en fait, ce n’est pas le cas. C’est un univers moderne, mais dans un autre monde que le nôtre.
Toute l’intrigue se passe dans un seul lieu, un village au-delà du cercle arctique, dans la neige, le froid glacial et une nuit sans lune. C’est un village avec un seul bâtiment immense, un immeuble qui contient tout : les appartements, les magasins, les restaurants, l’école, la mairie … En filigrane on a aussi une histoire de colonisation, de religion unique – le culte du soleil, le dieu Sol – imposée à tout le monde, et de la disparition d’une culture complète, au profit d’une autre qui apporte la modernité et la protection d’un dieu bienveillant.
Le personnage point de vue que l’on suit est Aniyah : c’est une institutrice pieuse, qui croit vraiment dans le dieu Sol, et qui est dévouée à son métier. Mais elle a un passé difficile et lourd à porter, puisque son grand-père adorait toujours les anciens dieux de son peuple et donc était un hérétique. Il vient de mourir, et c’est un évènement qui a toute son importance dans le roman, même si on ne le comprend qu’assez tard.
La construction du roman nous fait plonger dans la nuit de plus en plus profondément. Le rythme est vraiment bien géré : l’action est concentrée en quelques jours d’une intensité exponentielle. Comme la protagoniste, on n’a pas le temps de reprendre son souffle.
On vit tout cela par l’intermédiaire d’Aniyah : sa volonté de trouver sa place dans ce village, malgré l’hérésie de son grand-père, sa terreur, son incrédulité, ses espoirs, sa combattivité, ses tentatives pour y échapper et sauver son village. Les personnages secondaires ont aussi une certaine épaisseur. Notamment le personnage d’Elgor, l’officier de la police religieuse, qui a un rôle important.
Ce n’est pas une horreur très graphique, même s’il y a un peu de body horror. Elle est surtout basée sur les perceptions : ce qu’on entend derrière une porte fermée, un mur, la vitre d’une fenêtre, ce qu’on voit dans les ombres d’une pièce … Les monstres – ou les dieux – se cachent dans les ombres, dans les recoins, sous les lits, à la périphérie de sa vision, dans la nuit noire et totale de la grande étendue glacée qui entoure le village, mais aussi dans les esprits des habitants coincés chez eux pendant six mois. L’horreur s’impose progressivement, jusqu’au final où tout se déchaine.
Les dieux anciens sont vraiment terrifiants. Pour moi, ce sont des dieux primordiaux, sauvages et cruels, l’incarnation de tout ce qui fait peur dans la nuit et qui poussent les humains vers la sécurité de la lumière. A mon avis, il vaut mieux ne pas avoir trop peur du noir pour le lire.
