Faester : les assassins du Royaume Pourpre de Jo Colleen

Année de publication : 2025
Autoédition
J’ai d’abord été déstabilisée par la narration à la première personne au présent. C’est un choix personnel, à la fois en écriture et en lecture, mais je n’apprécie pas énormément cette manière de raconter une histoire. Ensuite, j’ai eu du mal à comprendre de quel type d’univers il s’agissait. Magie et réalisme se mélangent et ça m’a un peu perturbée au début.
Mais j’ai continué à lire et je me suis fait aspirée par l’ambiance, les personnages, l’intrigue. Les personnages d’Alimar et Georgia m’ont plu dès le départ. Alimar, d’abord, qui est clairement inspiré par un personnage célèbre lié au monde de la musique, est complexe : il manie le sarcasme avec brio, il possède une part très sombre, mais il est aussi extrêmement attachant, à cause des fêlures qui l’habitent. J’adore Georgia. Elle est forte, mais aussi généreuse, avec un caractère de feu. Elle aussi a ses blessures. Il y a aussi le prince Uräne, qui prend une certaine place dans l’histoire. Il est un peu moins développé que les autres, et apparait surtout à la fin où il joue un rôle plus important. Et enfin le Cador, un chevalier qui n’enlève jamais son masque et son armure, qui parait froid, hautain et sans pitié. On apprend aussi quelque chose d’important sur lui à la fin. J’avais deviné, mais je n’ai pas été déçue. Cela donne une belle épaisseur à un personnage dont on entendait beaucoup parler, mais qu’on n’avait jamais vu.
Les personnages secondaires apportent tous quelque chose à l’intrigue, et sont suffisamment approfondis pour avoir leur propre personnalité, leur propre présence.
Le thème des masques a une signification intéressante dans ce roman. Beaucoup de personnages portent des masques, certains réels et d’autres métaphoriques.
Certaines scènes montrent des événements brutaux, traumatisants pour les protagonistes (d’où les avertissements au début du roman), mais j’ai trouvé que l’autrice ne s’adonnait pas à des descriptions graphiques trop prononcées et violentes. Cela dit, il vaut mieux être prévenu en commençant la lecture.
L’intrigue est plutôt complexe et se développe dans un rythme sans faille du début jusqu’à la fin. L’histoire des protagonistes s’entremêlent avec une histoire plus globale, qui a des enjeux politiques et mystiques. Les personnages ont des révélations sur leur passé. Vérité et mensonges se mêlent au point qu’on ne sait plus trop quoi penser. Le roman se clôt sur un rebondissement à la fois impressionnant et très triste.
Ce tome est une introduction au monde et il est parfois difficile de s’y retrouver. Pourtant, l’univers inventé par l’autrice a une histoire très riche, et très mystique. On évoque souvent des êtres divins, mais je ne sais pas encore s’ils ont une réelle existence ou s’il s’agit de la représentation d’un symbole. Le Souffle y a une place importante et une puissance incomparable. Je pense qu’il s’agit d’une forme d’âme. La magie est rare dans la vie de tous les jours. Pourtant, le souffle est à la base de tout un système de croyances qui a des conséquences sur la population.
C’était un beau moment de lecture et je continuerai la saga avec plaisir.